Dans le cadre de la Sautejada 2026, les Menestrèrs Gascons s'associent au CIRDOC - Institut occitan de cultura pour un café-ethno sur la place des femmes dans la pratique et la transmission de danses et de musiques en Gascogne et au Pays-Basque : quelle est et a été la place des femmes dans cet univers réputé très masculin des Sauts et des musiciens traditionnels ?
Trois intervenants tenteront d’apporter quelques réponses à cette interrogation :
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Marie Claude HOURDEBAIGT
À partir de son expérience d’enfant à Salies-de-Béarn puis de maîtresse à danser dans toute la Gascogne et au-delà et de compositrice/créatrice. -
Marc CASTANET
Qui l’a connue et a joué avec elle, nous parlera de celle qui fut un temps reine de l’accordéon et du Rondeau de Samatan, Lea Saint Pè , musicienne et femme gasconne d’exception, à la personnalité bien affirmée, qualifiée d’infernale et céleste dans un ouvrage qui lui a été consacré. On lui attribue de nombreux morceaux du répertoire traditionnel mais peu la connaissent. C’est pourtant une légende pour tous les acteurs du revivalisme des années 70, collecteurs, joueurs, danseurs, chanteurs, passionnés de culture gasconne. Elle symbolise la renaissance du rondeau et des danses du Savés. -
Alaia CACHENAU
En 2023, pour la première fois, des danseuses intègrent le cortège carnavalesque des Kaskarot d’Ustaritz, dernière tournée de maisons non-mixte de la province du Labourd au Pays Basque. Depuis le années 1990, son organisation genrée est contestée. L’exclusion des filles des rôles de danseurs et de quêteurs divise la communauté entre celles et ceux qui voient un prestige patrimonial dans la préservation de la tradition masculine, et celles et ceux qui revendiquent le droit des filles à danser dans le cortège.À partir de l’ethnographie du processus de création entamé pour intégrer les filles, la thèse d’Alaia Cachenaut ("Devenir kaskarot du carnaval d’Ustaritz. Revendiquer, négocier et décider de son droit de participer à la vie culturelle") s’intéresse à la tension entre égalité de genre et représentation de la tradition. La création d’un nouveau costume, d’une danse et de sa musique, d’un chant et d’un nouveau parcours apparaît comme un outil politique pour redéfinir les critères d’authenticité de la pratique et tenter d’aboutir à un compromis intergénérationnel. Il ne s’agit plus de « faire des garçons » mais une jeunesse basque moins polarisée par le genre.Cette expérience incarnée des droits culturels montre que c’est dans l’écart entre la capacité de participer et de décider qu’il est possible d’observer les rapports de pouvoir qui conditionnent la participation à la vie culturelle.